Les 7 comportements des serveurs au moment du déjeuner

23 juillet 2012 at 18:12 14 commentaires

Questions incompréhensibles, sureffectif timide, rupture de stock, publicité mensongère, climatisation mal réglée, musique trop présente : pourquoi il est parfois difficile à midi de dépenser son argent à Phnom Penh.

Dans les serveurs et serveuses de la capitale cambodgienne, il y a à boire et à manger lorsque vous quittez vos bureaux quelques heures pour vous restaurer, et oui j’assume cette blague digne d’un titre de presse régionale. Je vous propose chers lecteurs mon top 7 des agissements de cette population encore incomprise.

1. Pas de serveur

Vous entrez dans le restaurant, vous choisissez une table et vous asseyez. Les minutes passent. Vous vous voudriez bien faire preuve de patience avec une petite cigarette, mais pas de cendrier. Attendre, toujours attendre. Un serveur est face à vous. Vous le regardez, faites des gestes, mais il n’a aucune réaction. Il doit être éteint. Quelqu’un a oublié de le rallumer avant le service de midi. Vous vous retournez, faites des gestes, encore gestes, jusqu’au moment où vous vous levez soit pour partir, soit pour aller commander au bar.

2. Problèmes de compréhension

Parfois, l’information ne passe pas. J’ai souvent des amis de passage au Cambodge qui font des phrases du genre : « May I ask you if this dish is very or not spicy because I am a small mouth and struggle sometimes to savor too exotic delights ?  » au serveur. Après avoir bien ris en voyant le regard perdu du serveur, je reformule la phrase : « Spicy or not ? ».

Situation à s’arracher les cheveux : lorsque vous demandez une chose tellement compliquée et hors de la culture locale que le serveur ne percute pas : « Can I have a spoon ? » et commence alors de longues minutes de description de l’outil face à un serveur qui ne voit pas du tout de quoi vous parlez.

 

3. Manque de formation

Vous faites peur. Quand vous appelez un serveur, il ne vient pas. Vous êtes blanc donc vous allez forcément le défoncer s’il n’est pas au niveau. Le serveur pousse alors un autre serveur vers votre table en vous montrant du doigt au moment où vous levez le votre. C’est une situation que je déteste (lorsque le serveur pense que) : je ne suis pas Khmer, donc je ne parle pas Khmer, donc je vais être un emmerdeur de première à vouloir tout savoir sur chaque plat (genre le mec il veut savoir ce qu’il a dans le plat avant de le commander, bref, un client difficile). C’est dans ces moments-là que je prends un malin plaisir à commander auprès du serveur qui ne voulait pas s’approcher de ma table.

Gros sujet aussi : la mise en place. Aïe. Mettre six personnes sur une table de deux, pas facile. Et je ne vous parle même pas de la serveuse qui apporte deux grosses pizzas à table alors qu’il n’y a jamais eu de place sur cette table pour deux pizzas. J’aime ces instants, ces moments où elle se dit qu’elle aurait dû faire de la place sur la table avant d’y apporter les plats, parce que ces assiettes sont super chaudes et que le client est là pour se faire servir et non le contraire.

Petite spécialité croustillante : laisser le client avec un plat sur les bras après avoir servit ou desservit, normal.

4. Qui a commandé quoi

Les plats arrivent, mais ils sont mal distribués et le serveur se sent complètement désarmé. C’est l’instant de vide, le silence, l’infini du « qui à commandé quoi ». C’est à l’appréciation du client s’il souhaite porter assistance au personnel du restaurant.

Je me souviens de cette superbe anecdote où nous sommes quatre à table mais seulement trois d’entre nous sommes servit en boisson. La serveuse arrive avec le quatrième verre mais ne sait pas à qui le donner. Celui qui n’a pas été servit regarde les autres, il ne sait pas s’il doit rire ou pleurer. La serveuse panique et pose la quatrième boisson au plus vieux de la table déjà servit avec sur son visage le regard du chien qui a uriné sur le canapé.

5. Le mauvais ou demi plat

« Un fried rice au poulet ? Bien monsieur » ; quinze minutes plus tard arrive un magnifique poulet au curry. Bravo, tu peux renvoyer en cuisine mon frère, et c’est reparti pour 15 minutes d’attente. Allons allons, un peu de patience et de compréhension, le mot poulet est tout de même passé.

Petit clin d’œil, j’avais commandé un cheeseburger sans bacon il y a quelques mois de cela au restaurant, un magnifique cheeseburger sans viande m’a été posé devant le nez, parce que je n’avais pas précisé : « Sans bacon mais avec le steak ». Dans ces instants-là, il faut rire … si vous n’êtes pas pressé.

6. La demande qui raisonne encore

Du pain ? Un cendrier ? Une fourchette ? Un peu de sel ? Un couteau qui coupe … qui ne sont jamais arrivés juqu’à votre table. Ca me donne envie d’écouter « Blowing in the Wind » de Bob Dylan quand j’attends bêtement ma serviette pour commencer mon repas.

Le pire, c’est quand vous avez attendu 25 minutes après avoir commandé et que la serveuse revient en vous disant qu’elle a oublié ce que vous avez commandé.

7. Pas de monnaie

L’addition arrive. Vous sortez un billet de 50 ou 100$. La serveuse vous regarde avec un profond sentiment de lassitude : « Oooohoh ! Sir ! Too big ! ». Alors ?! Soyez prévoyant tout de même, passez à la banque vous procurer des petites coupures afin de ne pas trop déranger le personnel du restaurant.

Alors oui, vous allez être nombreux à me dire que j’ai oublié le manque de politesse de certains serveurs (apporter l’addition et la donner à une femme ou ne parler qu’en khmer aux Khmers de la table et pas au blanc) ou encore le coup du serveur qui tousse dans le plat ou se cure le nez avant d’apporter les viandes en salles.

N’hésitez pas à mettre dans les commentaires les comportements que j’ai pu oublier.

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Entretien d’embauche Sihanoukville, le temps d’un week-end

14 commentaires Add your own

  • 1. Brigitte DASSE  |  23 juillet 2012 à 19:19

    Il y a aussi le patron qui offre la serveuse pour la nuit au client « respectable » : du vécu par mon mari !!!!!!!!

    Réponse
    • 2. Lessalins  |  24 juillet 2012 à 20:18

      Il y a du Guy Carlier dans cet auteur!

      Réponse
  • 3. Thierry  |  23 juillet 2012 à 20:19

    Ben oui, il manque des comportements. Voilà six mois que je mange deux fois par jour au restaurant (khmer, car mes boyaux ont décidé à s’y résoudre).
    Parfois, la cohue pour savoir qui va servir le barang. Sourire, patience et explications désordonnées, mais parfois efficace. Oui, ils aimeraient faire plaisir et partager leurs joies avec vous.

    Parfois une incompréhension totale… pourquoi veut-il manger ce qu’il à commandé alors que nous à table on partage tout.
    Ce qui est prêt en premier sera servi en priorité et à votre surprise vos convives commencent à manger « votre plat » qui est arrivé en premier (priorité au barangs). Pas de chance, ce qu’ils ont commandé arrive plus tard et bien sur vous n’aimez pas spécialement les intestins de bœuf. Frustration assurée…

    Que dire de ces restaurants de village où il n’existe pas de carte en anglais ou plus simplement pas de carte du tout ? Eh bien, on se débrouille, les rires accompagnent les gesticulations et les quelques mots de khmer que je me suis donné la peine d’apprendre. Seul danger, la prochaine fois, ils vous proposeront le même plat car ils se souviennent de votre passage.

    Le couteau ne fait absolument pas partie des « outils » utilisés pour manger. Fourchette, cuillère et baguettes sont normales le couteau (bizarrement masculin dans cette énumération) est une denrée rare et n’est pas utilisé pour manger. Il vous reste à aiguiser votre cuillère pour découper les petits morceaux servis ou râler pour le principe.

    Des repas complets à 2,5 $ et un service souvent très confortable pour qui sait s’y prendre. Je vous étonnerai sans doute en expliquant que, à moins que je ne le désire, il m’est impossible de manger seul car un serveur, une serveuse ou simplement un client viennent me rejoindre pour tenter de communiquer. Ils ne comprennent pas vraiment que je puisse manger seul au pays du sourire. Ca c’est du vrai service…

    Le cendrier, ils ont pris l’habitude de m’en déposer un à table (avec un glaçon) car ils ont compris que je ne jette rien à terre; étant ainsi un des seuls habitants du Cambodge à pratiquer de la sorte.

    Ah, le pain; typiquement français de manger avec du pain, comment et pourquoi tous les habitants du monde ne font-ils pas comme eux les donneurs de leçons universels ?

    Pourquoi, alors que l’on sait que PP est la plus orientale des villes, veut-on absolument être servi à l’occidentale?

    Quand au regard « de chien qui a uriné sur le canapé », pourquoi fustiger une attitude humble qui chez nous se serait transformée en agressivité…

    Oui, nos cultures sont différentes et pour ceux qui acceptent de se remettre en question, la richesse de l’échange vaut toute les thérapies.

    Dommage que ce blog qui partait d’une idée intéressante ; la confrontation de cultures, devienne peu à peu l’écho d’un conquérant désabusé. Espérons que le Cambodge refusera encore longtemps de se soumettre à nos vues d’occidental. Qu’il reste encore longtemps le « petit village au fond de la Gaulle ».

    Réponse
    • 4. Stef  |  21 août 2012 à 22:05

      1000 fois d’accord avec Thierry. Au Cambdoge, on ne mange pas bien, on mange « drôle » : tout arrive pendant le repas, et ce qui fait le charme du repas au Cambodge, c’est tout l’ensemble avec les gens autour, à table, les serveurs, les odeurs, le bruit, le sourire général et même le cambodgien qui ne mange pas sa soupe sans faire de bruit.
      S’il y a bien un pays où le mot « s’adapter » est important, c’est bien ici : ce Cambodge est plein de mystères et de plaisirs, de surprises plus ou moins délicieuses.
      Parfois, les expats la jouent un peu « snob » ou râleur. Restons français, bien sûr, mais acceptons au moins que ce qui nous arrive au quotidien n’est pas énervant ni insupportable. C’est juste différent.

      Réponse
  • 5. CJ  |  27 juillet 2012 à 15:43

    Nan mais faut le lire au second degré! C’est de l’humour … Pis, c’est son expérience, vous avez la vôtre, moi j’ai la mienne!

    Réponse
  • 6. juni  |  27 juillet 2012 à 15:51

    Ne vivant pas au Cambodge, je m’adapte lors de mes cours séjours mais une fois sur deux le plat servis n’est pas celui que j’ai commandé, le truc qu’on a jamais réussis à faire c’est d’avoir (malgrès les explications d’un ami cambodgiens) les plats dans l’ordre commandé je veux dire par là une entrée et un plat ensuite et ben NON! à chaque ça arrive tout en même temps mais bon on fait avec, mais c’est vrai que les serveurs au Cambodge mériterait une bonne formation.

    Une fois à Siem reap une serveuse m’a renversé le plateau de boisson dessus, la pauvre le lendemain elle n’était plus là, je pense qu’il suffit de rien pour que ces pauvres serveurs perdent leur job ce qui justifie leur stress.

    Réponse
  • 7. melodrame  |  30 juillet 2012 à 19:52

    Je trouve cet article très joli, il correspond à la réalité. Toujours le même bistro, toujours le même café, toujours le seul client, toujours le même « sommelier », il sait que je fume, depuis 6 mois j’y vais, mais le cendrier, je le demande tous les jours. La clim marche à fond, il laisse la porte grande ouverte, je lui explique qu’il vaut mieux fermer la porte, gaspillage d’énergie….je me perds dans un sujet d’écologie, olala, le regard dit tout: jamais entendu parler. Non, soyons brefs: ils sont tout de même assez idiots, pardon. Gentils, quoi….

    Réponse
  • 8. descamps  |  14 août 2012 à 21:07

    Vous auriez dû rester à Paris. Vous auriez été moins « dépaysé ». Quand je prends un « dop » je regarde son état général et la tête du conducteur (sinon je ne le prends pas), au restaurant je me suis adapté à l’ordre chaotique des plats (si c’est bon comme très souvent je m’en fous), Si vous voulez être compris apprenez à parler khmer ou mettez vous à la place d’un anglais qui ne parle pas français dans un bistro parisien.

    Réponse
  • 9. smeesters  |  6 septembre 2012 à 21:11

    moi je trouve ses restos numero 1 et son personel exemplaire par rapport a la france en france le plupard des serveurs des petites frappes ou alors des connards et des faux jetons les cambodgiens sont francs pas hypocrites et petasses faut pas frimer quand onn a pas le sous comme disait jacques brel grand amateur des iles marquises je comprend pas un mec qui critique le cambodge et ses restos pour moi c est un clochard qui na aucune culture et ferait mieux de rester en france a bouffer son kebab plein de graisse a frites avec sa bouteille de pinard et de faire la manche devant la gare routiere comme ca il depense pas son smic et son rsa en bon radin merci amigos prends en de la graine je suis un vieux barroudeur

    Réponse
  • 10. pipeaux  |  2 octobre 2012 à 20:20

    Je suis allé au Cambodge ,ils ont certe une culture différente mais de là a vouloir être servi comme « chez nous » il y a un long chemin et je pense surtout pour l’esprit Français (je le suis) qui est réputé pou être un être très difficile à contenter ,se croyant supérieur…..ça c’était bon avant à la belle époque.
    Donc pour ma part j’ai été bien servi,avec le sourire,j’ai du expliquer plusieurs fois mais ne pas oublier que chez nous c’est pas tjrs terrible .
    Si on est pas pret à faire des concéssions ,on reste chez soi……
    N’oublions jamais ce qu’ils ont enduré !

    Philippe.

    Réponse
  • 11. Okone  |  16 octobre 2012 à 23:36

    Excuse moi mais au Cambodge en même temps il n’existe pas vraiment de pain, c’est mal vu de fumer, ils ne servent pas au même rythme que nous(ils sont à la cool), et généralement tout se mange avec des baguettes la viande étant généralement prédécoupée…
    Si on va dans un pays tel que celui si vaut mieux être ouvert d’esprit!!!!

    Réponse
  • 12. Guillaume au Cambodge  |  1 novembre 2012 à 15:39

    Et le serveur qui se bat avec les cafards sur notre table… Ah le Cambodge, on peut dire tout ce qu’on veut sur ce pays mais il laissera jamais indifférent et c’est bien le plus important.

    Réponse
  • 13. Boutros  |  29 mai 2013 à 14:37

    La plupart des commentaires, moralisateurs et culcul, sont affligeants.
    Je trouve cet article excellent et encore en-deça de la réalité.
    Tout à fait juste, cette remarque sur le serveur « éteint ». Les Cambodgiens ont cette étonnante faculté de pouvoir se mettre en veille, comme une télé. Le Français pense tout le temps, ça tourne dans sa tête (et ça le fatigue d’ailleurs). Le Cambodgien, non. S’il n’a rien à faire, il cesse de penser. On le voit, quelque peu envieux, le regard perdu dans le vague et dans un état quasi-méditatif.
    Il manque quelques petites choses si l’on veut parler des serveurs. Remarquez d’abord qu’ils ne prennent jamais de notes. Pourquoi, je ne sais pas. Peut-être que ça ne ferait pas professionnel. Ensuite, ils ne sont capables que de prendre commande d’une seule chose à la fois. A chaque fois que je commande le plat, le mec se barre avant que j’ai eu le temps de lui parler des boissons. Et pour finir, ils s’y mettent à dix pour vous servir. L’un apporte la cuillère, l’autre la fourchette, le troisième le plat, le quatrième le cendrier… Sans doute pour justifier le sur-effectif.
    Le serveur cambodgien ne dit jamais « non ». S’il n’y en a pas, il dit oui, puis revient avec un air contrit dix minutes plus tard pour nous dire qu’il n’y en a pas.
    Il faut s’en amuser. Une de mes grandes blagues est de demander (en khmer, c’est plus drôle) s’ils ont de l’aigle, du lion ou de la viande humaine. « Attendez un peu », qu’ils me font. Dix minutes plus tard, contrit mais sérieux : « Non, désolé, aujourd’hui nous n’en avons pas ». Je reviendrai demain alors.
    Avec l’expérience, on s’y fait. Si le gars, à l’énoncé du plat, prend son air de chat qui a fait dans sa caisse et amorce un « attendez un peu », je le rattrape et je commande autre chose.

    Réponse
  • 14. speedyfoxgonzales  |  17 juin 2013 à 14:14

    Bon les commentaires sont un peu méprisants, l’article aussi mais on peut le mettre sur le compte de l’humour…. du moins j’espère !

    Le comportement des serveurs par excellence : 30 minutes entre chaque plats… toi tu manges, ton convive non….

    Mais c’est normal, ici ils partagent tout !

    Réponse

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